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C’est le temps de la fausse information !

Les coulisses du « Fake News » : pour comprendre la motivation derrière le phénomène de la fausse information.

 

Nous sommes en juillet de 1917, en pleine première guerre mondiale, la France se trouve dans une position de faiblesse, étant l’objet de plaisanteries des Allemands. Pour réaffirmer son autorité, le tribunal militaire de Paris accuse une célèbre danseuse allemande habitant dans la capitale Française, Marguerite Gertrude Zelle, plus connue sous son nom de scène Mata Hari, de diffuser des informations stratégiques du front de bataille français aux allemands.

Pour confirmer sa puissance et faire preuve d’une tolérance minimale face aux traîtres, le gouvernement Français condamne à mort« l’espionne allemande », qui quelques mois plus tard est fusillée.

Aujourd’hui, tout le monde est unanime que Mata Hari n’a jamais été une espionne, mais une victime d’une fausse accusation, un bouc émissaire tué afin de distraire le public dans un moment où la guerre allait mal pour la France. Un cas extrême (et fatal) de ce qu’on appelle désormais les fake news.

 

Les fake news et leur effet néfaste ne datent pas d’hier….

Indubitablement, les fake news et la désinformation ne sont pas des inventions de toute première jeunesse et furent utilisées notamment lors de temps de crises par les instances de pouvoir et d’autorité. Dans la plupart des cas, ces deux méthodes permettent de faire du bruit.

La manipulation des foules en véhiculant des fausses informations AKA* la propagande est une des nombreuses formes d’emploi du concept. Rappelons-nous du cas du mineur russe Aleksei-Stakhanov, qui aurait extrait 102 tonnes de charbon en 6 heures. Un fait inimaginable, qui servait pourtant de prétexte à l’URSS pour motiver ses « troupes » en 1935.

Les fake news et la désinformation peuvent également être utilisés à d’autre fins comme détourner l’attention sur un sujet en parlant d’un autre (utilisé lors de la campagne de Donald Trump aux États-Unis). Ou, simplement de gagner de l’argent en rapportant des visiteurs à un site émetteur de fausses informations.

 

Comment détecter les fake news et la désinformation ?

 Ceux deux sont des phénomènes néfastes pour la société, et pour toutes personne consultant les médias puisqu’elles génèrent de l’incompréhension et aboutissent à une perte de confiance généralisée. D’après une étude réalisée par RSInMag.fr en 2016, « moins de 20% des français croient encore aux médias sociaux. »

Certes, nous sommes exposés à des si nombreuses variétés d’information, vraie et fausse, que la distinction entre les deux devient un véritable travail draconien.

En réponse à des inquiétudes des internautes, les réseaux sociaux s’emparent de solutions pour repérer et signaler les fausses informations : Facebook, par exemple, a mis en place un système de signalisation de faits sur des articles publiés sur le réseau. Ces derniers seront signalés par les utilisateurs lorsqu’ils s’en doutent que l’information semble fausse. Le lien sera ainsi vérifié par plusieurs médias français dont Le Monde, L’Express et même 20 minutes afin de confirmer l’erreur. Lorsque la fausseté du contenu est vérifiée, l’article sera indiqué avec un pictogramme pour alerter les internautes.

Paradoxalement à l’envie de quelques-uns d’identifier ces nouvelles trompeuses, d’autres d’entre nous sont nombreux, pourtant à contribuer à ce phénomène : « 23% des américains ont déjà partagé une fake news » réaffirme l’étude.

Fake News Statistiques - Source RSINMAG.FR

Si l’on pousse la réflexion très loin, à l’extrême même, chacun de nous utilise ou a déjà utilisé la désinformation (mentir pour tromper son interlocuteur). Tout comme de temps en temps lors d’une conversation nous poussons des faits à l’extrême ou amoindrissons nos propos pour véhiculer une image différente de celle que nous dégageons.

 

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Kiosque à Strasbourg 2017, photo prise par Guillaume Noss

Au final, nous sommes tous involontairement ou volontairement responsables de l’accroissement du phénomène des faux bruits : Les titres extravagants déclenchent de la part du public une réaction d’avantage excitante que les titres révélant la seulement la vérité, parfois banale et fastidieuse. Cela incite les médias, journaux et tout autre émetteur avec un pouvoir de diffusion d’information à préconiser des titres plutôt « sensationnalistes ».

 

Guillaume Noss et Sofia Aguilar

 

*(de l’anglais « as known as » = plus connu sous le nom de)

Sources :

BARDI Ugo, « Quand les fake news tuent », Réseau International http://reseauinternational.net/quand-les-fake-news-tuent/ Paru le 3/09/2017, consulté le 20/09/2017

LEJEUNE Léa, « Comment Facebook et Google vont chasser les « fake news » sur le web », Challenges https://www.challenges.fr/media/gafa/comment-facebook-et-google-vont-ils-chasser-les-fausses-informations-sur-le-web_452646 Paru le 06/02/2017, consulté le 20/09/2017

NEWMAN Dina, « Alexei Stakhanov : The URSS’s superstar miner », BBC News http://www.bbc.com/news/magazine-35161610 Paru le 30/12/2015, consulté le 20/09/2017

DEMATHIEUX Lina, « Fake news et autres perlimpinpineries », FastNCurious http://fastncurious.fr/asymetrie/fake-news-autres-perlimpinpineries.html/ Paru le 3/07/2017, consulté le 16/09/2017

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fake_news Consulté le 20/09/2017

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sinformation Consulté le 20/09/2017

http://www.toupie.org/Dictionnaire/Desinformation.htm Consulté le 20/09/2018

 

Post Author: Sofia Aguilar

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