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Le voyage au cœur des réseaux sociaux : Une question de statut social ?

Le voyage est passé d’un moment d’évasion à une obsession de partage sur les réseaux sociaux. En n’étant plus qu’un véhicule d’ascension social, le voyage nous donne une raison de plus pour être connectés.

On se déconnecte pour connecter

Le dicton « le voyage est la seule chose qu’on achète et qui nous rend plus riche », semble être la règle d’or, la déontologie absolue de la génération Y, les rois du réseautage social. Tout jeune ultra-connecté qui se respecte a forcément un tableau sur Pinterest dédié au voyage. À priori, la pratique contemporaine du voyage a pour but la déconnexion avec la réalité, la fuite d’une routine fastidieuse et monotone, la découverte du mythique, de l’inexploré. C’est bien pour cela que nous voyons constamment le business du voyage axer sa communication sur la relaxation, la sérénité et l’exploration de l’inconnu. Mais à l’ère du social, où la déconnection n’est pas envisageable, nous assistons à une paradoxale métamorphose de raisonnement. Si le voyage a pour but de relaxer, d’évader et d’explorer des terres inconnues, pourquoi sommes-nous incapables de nous concentrer à cela, plutôt que de céder au besoin fatal de partager nos expériences sur Internet ?

Chaque ville à son tour

Les personnalités sur les réseaux sociaux et leur obsession pour le partage confirment la présence d’un spectacle d’ostentation. Grâces aux outils de partage instantané, les « story », des véritables machines à créer du contenu à l’infini, nous révèlent le quotidien des stars à l’instant près : ce qu’elles mangent, avec qui elles font leur promenade du dimanche matin et bien entendu où elles partent en vacances.

 Picture1L’instagrammeuse « OhhCouture » nous fait voyager avec son feed international ultra-coloré.

Ce n’est pas seulement le domaine de la mode qui subit une rotation de tendances. Les destinations de voyage sont aussi soumises à une qualification, déterminée par leur popularité sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que s’explique la montée en consommation de certaines villes touristiques plutôt que d’autres. Catégorisés dans une échelle d’attractivité, les paysages du monde sont exposés à un show de faire-valoir.

On n’oubliera pas de sitôt les vagues de départ vers Bali ou la Thaïlande il y a quelques années ou le fait que Lisbonne soit ressurgit des ténèbres dans « Les 5 destinations à la mode en 2017 ». Rappelons-nous de Reykjavik avant Jules Vernes ? L’écrivain a pratiquement donné naissance à la ville dans son ouvrage « Voyage au Centre de la Terre ».

 D’après le site TourMag.com, “47% des utilisateurs français déclarent ainsi s’être déjà rendus à un endroit suite à une publication de l’un de leurs amis”.

Une véritable extension de la main, le smartphone devient l’acteur principal de ce spectacle d’apparences. Partager sa vie sur Internet est devenu une activité quotidienne, garant de reconnaissance sociale. Surtout si nous avons le privilège (ou les congés payés) de faire un périple au tour du monde.

Finalement, voyageons-nous pour nous-mêmes ou pour nous venter ? L’exotisme, le mythique et le hors-du-commun, d’où provient cet appétit d’endroits lointains, inédits et inexplorés ? S’agit-il d’une génuine soif de découverte ou simplement d’une envie d’ascension sociale ? Le débat reste ouvert.

Sofia Aguilar

Post Author: Sofia Aguilar

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